Global

Dr Matthias Reinicke, Conseiller sur le secteur de la santé à EuropeAid (Commission Européenne), lors de la 4e réunion annuelle sur le Partenariat CSU à Barcelone, Espagne, en Mars 2016.  Photo: OMS

Le partenariat UE-Lux-OMS CSU: Un programme ‘avant-garde’ – Une vue de l’Union européenne

23 March 2016

Cet article a été rédigé en collaboration avec le Dr Matthias Reinicke, Conseiller pour le Secteur de la Santé à la Direction Générale du Développement et de la Coopération internationale, EuropeAid, Bruxelles.

“Le partenariat UE-Lux-OMS est un programme d’avant-garde, qui, malgré sa complexité et ses défis, a déjà accompli beaucoup – et avec relativement peu d’argent”.

C’est avec cette remarque encourageante que Dr Matthias Reinicke, Conseiller pour le Secteur de la Santé à EuropeAid (Commission Européenne), a ouvert la 4ème réunion technique annuelle de l’Union Européenne, du Luxembourg et de l’OMS pour le partenariat sur la Couverture Sanitatire Universelle (CSU), qui a eu lieu à Barcelone du 1er  au 3 Mars 2016.

L’Union Européenne a fourni le soutien principal au Partenariat CSU depuis sa création en 2011, et a récemment réaffirmé son engagement avec l’approbation de nouveaux fonds pour la troisième phase du programme, qui a débuté en Janvier 2016. Le Luxembourg a également rejoint le partenariat en tant que donateur en 2013.

En parlant avec le Dr Reinicke en marge de la 4eme réunion technique annuelle du Partenariat CSU, Community Systems Foundation (CSF) lui a demandé d’expliquer la motivation de l’UE pour renouveler son soutien au Partenariat CSU.

Le chemin vers le financement d’une troisième phase n’a pas été sans obstacles, selon Reinicke, mais “dans les deux dernières années, l’OMS a de plus en plus démontré sa capacité à travailler de manière intégrée” dans le but de convoquer les parties prenantes et de faciliter le dialogue politique sur la couverture sanitaire universelle dans les pays cibles.

Reinicke a également souligné l’importance des résultats du Partenariat CSU présentés à la réunion technique annuelle de 2014 à Hammamet, en Tunisie, qui, selon Reinicke, a fourni une plate-forme pour les “discussions de suivi avec l’OMS et les délégations de l’UE dans les pays partenaires sur la valeur et l’impact ajoutée du programme, rendant clair qu’il valait la peine de financer une troisième phase.”

L’une des premières histoires de réussite, qui est aussi probablement la plus connue du programme, selon Reinicke, provient de la Tunisie, où le gouvernement a demandé à l’OMS de soutenir le Ministère de la Santé dans la coordination de la réforme du secteur de la santé du pays à travers un dialogue politique très inclusif et un processus participatif.

Quatre ans après le début du programme, des exemples de succès similaires émergent de nombreux pays partenaires: “Au Togo, par exemple, les discussions de financement de la santé dans le cadre du Partenariat CSU ont contribué à introduire les taxes fiscales du péché et de la téléphonie,” dit Reinicke . Dans tous les pays partenaires, le programme a contribué de manière significative à l’élaboration de nouvelles politiques de santé, de stratégies et des plans, même si des défis politiques et sociaux complexes en concurrence pourraient ralentir le progrès: «Même dans les pays où nous pensions que cela etait presque une «mission impossible», comme au Yémen, le Partenariat CSU a été en mesure de diriger le dialogue politique vers lavant, memeau niveau du district.”

La focalisation du Partenariat CSU sur la promotion du dialogue multipartite est considéreé comme un autre succès et une valeur ajoutée du programme par l’UE: Dans le sillage de l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone et au Libéria, l’OMS a joué un rôle clé dans linclusion des représentants de la société civile dans le dialogue politique. Ceci a aidé à lutter contre certains mythes et rumeurs qui circulaient dans les communautés sur la façon dont la maladie se répandait…

Selon Reinicke, le Partenariat CSU permet aussi de complémenter les programmes de santé bilatéraux de l’UE dans les pays partenaires avec l’expertise de l’OMS dans le domaine du dialogue politique et du renforcement des systèmes de santé. Par exemple, à la suite du programme de santé récemment lancé par l’UE au Maroc (Mars 2016), qui est aussi un pays partenaire du Partenariat CSU depuis Janvier 2016, un dialogue fructueux entre le bureau de l’OMS et la délégation de l’UE a déjà été entamé pour assurer que les programmes adoptent une approche complémentaire pour soutenir le dialogue politique et les systèmes de santé dans le pays. Ceci fut également le cas pour le programme de santé bilatéral de l’UE en Ukraine.

Reinicke a également salué le fait que l’OMS avait invité la JICA et la GIZ en tant qu’observateurs à la 4ème réunion technique annuelle du Partenariat CSU – en particulier au sein du contexte de la nouvelle initiative mondiale conjointe de l’OMS et de l’Allemagne “Systèmes de santé – vie saine», lancée lors du Sommet G7 2015, où les dirigeants mondiaux se sont engagés à aider 60 pays en voie de développement à renforcer leurs systèmes de santé. Ayant comme objectif de réunir les acteurs mondiaux de la santé afin d’assurer une coordination efficace et mesurable pour renforcer les systèmes de santé, la nouvelle initiative, selon Reinicke, pourrait considérablement bénéficier d’une coordination stratégique avec le Partenariat CSU.

L’importance de la coordination stratégique, en particulier parmi les donateurs, était une préoccupation majeure soulevée par les bureaux de lOMS et les Ministères de la Santé présents lors de la 4e réunion annuelle du Partenariat CSU – en particulier en ce qui concerne la soi-disante “approche verticale” adoptée par beaucoup d’initiatives de santé mondiale, qui risque d’entraver les efforts d’établissement de systèmes de prestation de services intégrés, ainsi que les efforts de  suivi des résultats desanté. CSF a demandé à Reinicke quel rôle l’UE pourrait jouer pour faciliter la coordination au niveau des pays, en particulier en ce qui concerne les initiatives mondiales de santé qui reçoivent une grande partie du financement de l’UE en matière de santé globale

Reinicke a expliqué que l’UE continuerait à faire pression pour une approche intégrée et horizontale de l’aide au secteur de la santé dans les pays partenaires, notamment par le biais de ses membres dans les groupes de circonscription de Gavi et du Fond Mondial. Les deux groupes ont récemment crée de nouvelles “fenêtres” pour le renforcement des systèmes de santé qui pourraient être utilisées pour améliorer la coordination et la coopération. Le rôle de l’OMS en tant queeco-facilitateur du dialogue politique sur la santé, renforcé dans le cadre du Partenariat CSU, serait un atout important dans ce contexte.

Prié de résumer les principales expectatives de l’UE pour la phase 3 du Partenariat CSU – en vue de la possibilité de soutenir le programme au-delà de 2020 – Reinicke a déclaré: «Je souhaite que ce programme puisse démontrer ce qui a été dit tout au long de cette réunion: qu’il est passé des étapes de la planification vers l’opérationnalisation et la mise en œuvre des activités, en rendant les réalisations visibles et montrant des améliorations dans les services de santé sur le terrain au niveau des services de santé des districts, des informations sur la santé, des ressources humaines pour la santé, et de la gestion des finances publiques – afin, entre autre, de faciliter le plaidoyer de l’OMS pour plus de financement pour le programme .”

Dr Matthias Reinicke est un médecin qualifié et titulaire d’une spécialisation post-universitaire en santé publique internationale. Dr Reinicke a travaillé pendant trente ans en Afrique, en Asie, en Europe et aux États-Unis dans les domaines de la politique internationale de la santé, de la prestation des services de santé et des systèmes de santé renforcés; il a travaillé avec des institutions telles que l’Organisation Mondiale de la Santé, la Commission européenne et d’autres organisations gouvernementales et non- gouvernementales bilatérales.